SECOND DE CORDEE

Sur les profits des richesses, les commentaires envahissent les réseaux sociaux.

Les riches détiendraient-ils les pleins pouvoirs d’un premier de cordée de la croissance économique ? Les uns l’affirment, d’autres sont plus dubitatifs. Beaucoup sont vent debout contre cette nouvelle doxa qu’ils réfutent.

La question est complexe et les réponses sont loin de faire le consensus.

Il y a sans doute de la bonne richesse, celle qui se transmet dans l’économie réelle sous forme d’investissements et de paris sur l’avenir.

Il y a sans doute aussi de la moins bonne richesse, celle qui se stocke en épargne spéculative ou plus prosaïquement en épargne de précaution, immobilière par exemple.

Le marxisme avait d’une certaine façon cherché à trancher le nœud gordien en opposant travail et capital pour  mieux entreprendre la collectivisation de ce dernier, avec des résultats eux non plus pas très consensuels. Ce modèle marxiste représentait une économie fondée sur les secteurs de l’agriculture, de la mine et de l’industrie manufacturière, lesquels pèsent, dans l’économie des pays développés, très peu au  regard de ce qu’il est convenu d’appeler les secteurs des services et des loisirs. Le modèle marxiste semble donc daté.

Et pourtant, dans nos économies soit disant développées, le fossé entre riches et pauvres reste profond, d’où cette amicale pression faite au nouveaux « vrais » riches de se comporter comme des premiers de cordées du progrès économique. Et de fait, on voit beaucoup de pouvoirs nés de l’internet investir, via des « family offices », via des « fonds dédiés de capital risque », leur surplus de richesses dans des start ups.

Un peu comme s’ils s’en remettaient au génie, à l’audace, à l’imagination et surtout à l’intelligence des jeunes pousses pour accomplir ce devoir de transmission de leur richesse vers l’économie réelle.

C’est peut-être cet essaimage de startups érigées en seconds de cordée qui favorisera une croissance plus harmonieuse de nos économies.

Acceptons en l’augure. Les seconds de cordée finiront peut-être comme premiers de cordée !

Dominique F. Pasquier