On se calme

Parce que ça va mieux

Ou ça va mieux parce qu’on se calme. Les appels à la raison se multiplient. A bien écouter les chroniqueurs assermentés, la France serait un paradis pour citoyens dépressifs… ou pour enfants gâtés. Là encore la posologie moderne des malaises contemporains aimerait bien prescrire, dans la mesure du possible, la méthode Coué ou, à défaut, l’application du “déni de circonstance“. Il y a un problème? Où est le problème? Donc il n’y a plus de problème! C’est dans cette ambiance que le “ca va mieux” va finir par s’imposer au point de punir sévèrement de délit d’opinion les tenants du “non, ça va moins bien”. Les supposées “associations de défense de …” ne manqueront pas d’apporter leur soutien à la cause du “ça va mieux” dès que cette cause sera déclarée “humanitaire et d’intérêt public“.

Si le “ça va mieux” rend possible un “mieux être“, on aurait évidemment tort de se gêner. Mais comment comprendre les manifestations des mécontents qui se multiplient. L’idée qui titille actuellement nos élites est de les interdire au nom du “ça va mieux” et du  moins avoué “ce n’est pas le moment de dire le contraire“. Nos élites aimeraient bien appliquer la méthode du Docteur Knock mais à condition d’en inverser les termes : “tout malade est finalement ce bien portant qui s’ignore“. Elles devraient plutôt suivre les conseils des doctes économistes. Tout repose finalement sur l’équilibre entre offre et demande. Il suffit simplement de trouver le bon équilibre entre demande de bien-être et offre de sueur et de larmes.

Tout est dans le dosage !

Dominique F. Pasquier