La dégradation de la note de la France n’aura pas eu l’effet annoncé mais le désaccord entre les deux grandes agences de rating (AA+ pour S&P, Aaa pour Moody’s) a le mérite de libérer la parole.
Va-t-on dans la bonne direction ?
Le psychodrame fabriqué autour du rating n’est pas très sain. La multiplication foudroyante des commentateurs du rating n’a pas été suffisante pour clarifier l’information que l’on est en droit d’attendre.
On peut en revanche noter le propos de la semaine qui aura été tenu par la représentante de Standard & Poor’s. Ce propos de grande sagesse s’adresse aux investisseurs et les invite à ne pas reposer leur décision sur le seul rating mais à forger leur propre opinion.
Depuis qu’elles existent, les agences de rating n’ont cessé de proclamer cette vérité première : les notes expriment une opinion parmi d’autres et ne sauraient être utilisées ni comme audit ni comme recommandation d’achat ou de vente.
La balle étant ainsi renvoyée dans le camp des investisseurs et des acheteurs de dette, il n’est pas sans intérêt de savoir qui ils sont. On découvre ainsi qu’une grande partie de la dette publique française est détenue par des investisseurs de marché non français quand une grande partie de la dette publique italienne et a fortiori japonaise reste dans les mains des « citoyens prêteurs ».
En tant de crise, la deuxième configuration est préférée à la première.
Sans avoir à approfondir ce débat plus avant, on comprend bien que la qualité d’un instrument de dette dépend non seulement de la robustesse financière de l’emprunteur mais aussi de l’identité du prêteur…
Dominique F Pasquier