Les “stress tests” sont-ils “stress proof” ?

L’Europe qui aime tant jargonner “américain” a-t-elle raison d’adopter les fameux stress tests que l’Amérique a inventés – entre autres – pour les banques ?

Ces “épreuves d’effort” ou “tests de résistance” ont ici pour but de contrôler l’adéquation des fonds propres d’une banque au risque de voir ses crédits et engagements défaillir au delà des attentes “raisonnables”…

La cible des crédits est-elle pour autant la bonne  ?

Quand on découvre l’immensité des pertes causées par des provisions à retardement sur une grande banque italienne, quand on voit une grande banque française (dé)lestée de 7Md€ de pertes sur des opérations de marché mal encadrées, quand on en voit une autre qui s’apprête à subir une sortie de cash de même montant sur  un sujet purement judiciaire, le doute est permis.

La sur réglementation touchera sans doute les petites institutions financières qui présentent un risque, somme toute, limité. Elle sera, au mieux, sans effet sur les grands groupes internationaux de la finance qui, parce que leurs clients le leur demandent, opèrent sur des transactions de plus en plus complexes dans une myriade de pays qui démultiplie le risque d’être en porte à faux avec les législations nationales et avec les pratiques de marché locales.

Moralité ?

Ne vaudrait-il pas mieux mettre la “pédale douce” sur des modèles de calculs finalement illusoires et repenser le modèle de banque universelle … au besoin en prenant le risque d’en changer ?

Dominique F. Pasquier