“Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?”
Cette formule exprimée lors d’une conférence scientifique en 1972 a rejoint l’immortalité des citations virales de Wikipedia. Appliquée au monde des boursicoteurs, elle fait sens. Que le canal médiatique mette en exergue une information même mineure, les “morning meetings” des officines de bourse vont s’empresser d’en tirer des recommandations d’achat ou de vente. La suite, on la connaît : des grandes valeurs s’affichent à des prix dont l’amplitude des variations quotidiennes peut aller jusqu’à 10 fois le niveau des taux d’intérêt annuels !
Il ne faut pas pour autant faire de ce pauvre “papillon” un bouc-émissaire. Projetons plutôt un regard d’économiste et débusquons les grands bénéficiaires de ces mouvements. Ce sont les “marchands de volatilité”, ces traders dont le métier est de vendre des protections contre les fluctuations de cours. L’argent du produit de leurs ventes provient du besoin d’assurance dont les acteurs de l’économie réelle payent le prix. On assiste ainsi à une forme de transfert entre économie réelle et économie virtuelle. Les marchés financiers sont-ils donc “purs et parfaits” ?
Pas sûr.
Dominique F. Pasquier