Règle de Trois

 d = \dfrac {b\times c}{a}.

Cette règle de mathématiques élémentaires calcule d tel que (a, b) soit proportionnel à (c, d). De cette définition Wikipédia, peut-on conclure à une règle de trois marxiste, chrétienne ou les deux ? Soyons franc. Le sens philosophique ou spirituel de la formule ne coule pas d’évidence. Sauf à tester cette règle sur une situation d’actualité. Le PDG d’un grand groupe – les obligations de bonnes pratiques, de déontologie et de conformité avec “Informatique et Liberté” imposées à BRCSAS lui interdisent de divulguer le nom –  s’est récemment fait retoquer par l’assemblée générale de ses actionnaires sa demande de rémunération. Le chiffre de 7,2 millions d’Euros frappe l’imagination. Si on lui applique la règle de trois, on obtient comme résultat 7900 euros par heure de (son) travail, 131 euros par minute, ou encore 2,1 euros par seconde. L’indignation du petit actionnaire est compréhensible mais sans intérêt. C’est surtout le comportement du grand patron qui mérite notre attention.

Nous voici en effet devant un grand patron qui s’acharne envers et contre tout pour maintenir sa rémunération au point de forcer la main à son conseil d’administration et obtenir gain de cause. Ce grand patron s’est-il comporté autrement que comme salarié donnant à ses intérêts une lecture strictement marxiste ? Au nom de la lutte des classes, son âme de travailleur le pousse  tout naturellement à arracher le maximum de rémunération de son travail des griffes du grand capital même si les griffes du grand capital sont en l’occurrence des petites griffes de particuliers. Marx et Engels auraient applaudi. Les victimes vont sans doute réclamer la justice morale auprès de François de (Rome). Qu’ils ne se bercent pas d’illusions pour autant. François (de Rome) ne peut en effet trahir la parole de l’Évangile dont la Parabole des ouvriers de la onzième heure est sans équivoque. Le même salaire est versé au tôt levé comme au tard arrivé. Que le tôt levé ait travaillé cent fois plus que le tard arrivé ne change strictement rien à l’affaire. Chacun est rémunéré pareil. François (de Rome) pourrait quand même suggérer au grand patron de se mettre en règle avec les valeurs chrétiennes en faisant sienne la parabole ci dessus et en ajustant la rémunération de ses ouvriers à la sienne grâce à une augmentation équivalente à 792 SMIC. Pas sûr que les “petites griffes” du grand capital y trouvent leur compte

Mais vive la révolution chrétienne de la règle de trois !

Dominique F. Pasquier