C’est un peu ce que l’économiste Coase préconise.
Sorti du libéralisme le plus échevelé, le principe de Coase écarte l’intervention de l’Etat autant qu’il est possible de le faire pour mieux laisser les acteurs régler leurs différents entre eux. L’usine pourra polluer autant qu’elle le voudra jusqu’à ce que les habitants du voisinage fassent valoir leurs droits à ne pas être pollués en montant des opérations suffisamment dissuasives pour dissuader l’usine de polluer. Les initiatives reposent sur le rapport de force plus que sur la notion de justice.
Ce principe a été popularisé par l’illustration du “Tit for Tat” de prisonniers enfermés dans une cellule, poussés à agir les uns vis à vis des autres en fonction des spéculations qu’ils font sur la façon dont l’autre va réagir à une nuisance qui va lui être imposée. Si la nuisance a plus de valeur pour celui qui la cause que la réaction en retour de celui qui va en être victime, la voie est libre et le principe de Coase s’applique. On comprend pourquoi ce principe bloque toute idée de pardon chrétien. On pénètre un univers glaçant où François (de Rome) n’aurait sans doute pas sa place.
Mais n’est-ce pas l’expérience que nos sociétés vivent déjà ?
Dominique F. Pasquier