En période agitée, les prêteurs n’ont pas spontanément bonne presse, trop parcimonieux hier, aujourd’hui trop laxistes…
Le débat ne mériterait sans doute pas d’y prendre part en l’absence des réflexions inspirées par la théorie financière dite « moderne ». Ici, c’est Merton dont la théorie revient à “retirer” au propriétaire d’une entreprise endettée son droit de propriété sur l’entreprise jusqu’à la sortie de l’endettement.
Tout au plus lui “consentira-t-il” une option d’achat sur l’entreprise à exercer à l’échéance du remboursement de la dette…ce que l’actionnaire se gardera d’ailleurs bien de faire si, à cette échéance, l’entreprise vaut moins que sa dette.
Le prêteur voit réciproquement son rôle clarifié comme pourvoyeur des liquidités nécessaires à l’entreprise et comme vendeur à l’actionnaire de l’entreprise d’une option de vente sur cette entreprise. En faisant appel à la formule de Black & Scholes de valorisation des options, on peut même calculer le « juste prix » de cette option de vente et l’incorporer dans la rémunération du prêteur.
Ainsi retrouvée, la vérité des prix n’est-elle pas de nature à transformer les adversaires d’hier en amis pour demain ?
Dominique F Pasquier