Les événements de 2011 révèlent combien les entreprises sont des écosystèmes fragiles exposés aux jugements d’analystes et de commentateurs pour qui l’information est devenue un enjeu.
Les efforts du régulateur et des autorités de surveillance des marchés suffiront ils pour autant à faire disparaitre les freins à une bonne communication ?
Force est de constater qu’en finance d’entreprise comme ailleurs, le risque exprime avant tout la peur du lendemain, souvent irrationnelle. Les agences de rating dont le métier est de signaler le risque (de défaut d’instruments de dette) ont sans doute été surprises par la virulence des attaques dont elles ont été l’objet.
Si le simple signal du risque peut engendrer des réactions exagérées, il n’est pas surprenant de constater l’importance stratégique allouée à la communication financière.
Occultée pendant plusieurs décennies par les théories de l’équilibre et de l’efficience « naturelle » des marchés financiers, la théorie des signaux et de l’agence va sans doute retrouver des couleurs. Cette théorie des années 1970 ne dit rien d’autre que la communication financière n’est pas « gratuite » et… qu’en plus elle a un coût.
Elle n’est pas « gratuite » car tout émetteur d’information financière poursuit un objectif ou une « utilité » qu’il n’est pas inutile de chercher à comprendre avant de « consommer » l’information proprement dite.
Quant au coût, il suffit d’observer les dépenses de publication de résultats, de rapports d’activité, d’analyse et d’information … dont s’acquittent aussi bien les émetteurs d’instruments financiers que les investisseurs dans ces instruments.
Dominique F Pasquier