La conjoncture boursière aura déstabilisé, au moins momentanément, l’épargne et la vision des épargnants sur le comportement des valeurs cotées.
Le dosage des portefeuilles en valeurs de croissance, valeurs de rendement, valeurs de retournement, dont se réclament les profils de gestion pour compte de tiers perd un peu de son sens, certaines valeurs de rendement ayant encaissé des moins-values inédites … et non corrigées par les autres.
Des remises en cause d’une telle ampleur invitent à des lectures plus « fondamentales » des données caractérisant les valeurs elles-mêmes mais – valeurs bancaires mises à part – les capitalisations boursières restent encore supérieures à l’actif net comptable de la plupart, ce qui rajoute à la confusion.
Pourquoi ne pas diriger son attention vers les données d’exploitation ? Les sites boursiers ne sont pas avares d’informations sur les comptes de résultat des valeurs cotées. Ils permettent de mettre en évidence la notion l’excédent brut d’exploitation, le « fameux EBITDA » (earning before interest, depreciation and amortization) ou encore « l’operating income » dont la notion est voisine.
Identifier la sécrétion de profits dégagés par l’exploitation d’une entreprise est une 1ère victoire contre le « doigt mouillé » mais la bataille n’est pas gagnée pour autant. La stabilité de cette profitabilité et sa tendance à croître vont bien évidemment peser sur la valorisation et il convient de ne pas sous estimer les charges imposées par le surcroit de besoins d’investissement et de fonds de roulement ni les charges financières induites par la politique d’endettement voulue par le management … autant d’éléments tendant à réduire ce qui dans l’Excédent Brut d’Exploitation est susceptible de se transformer en … cash distribuable en dividendes. Et même si une partie reste distribuable encore faut-il que l’actionnariat de contrôle veuille bien le faire au moment souhaité par les minoritaires…
Même si l’on ne peut que prendre acte des verdicts boursiers, une exploitation systématique des informations fournies par les sociétés cotées aide à mieux discerner si la création de valeur est en montant, en rythme, en retombées (dividendes ou plus-values), conforme aux attentes.
Appuyée par des méthodes éprouvées d’analyse financière, cette démarche a le mérite de projeter son attention sur un horizon plus lointain et, ce faisant à faire oublier – un peu – les vicissitudes du moment.
Dominique F Pasquier