L’analyse financière est utile (II)

La brève du 8 octobre avait retenu qu’il faudrait “théoriquement” à la France 1500 PME en plus exportant chacune 50M€ si l’on voulait “combler” le déficit de sa balance commerciale.

Même si l’on se félicite du (relatif) dynamisme de la création d’entreprise dans notre pays, on devra attendre pendant un certain temps avant que ces entreprises produisent à leur tour 50M€ de recettes d’exploitation … a fortiori à destination de clients étrangers. Pour éclairer cette réflexion, reprenons notre exemple : quel taux de croissance moyen annuel faudrait il afficher pour passer en l’espace de 5 ans du stade d’une petite entreprise de 8M€ de chiffre d’affaire à celui d’une entreprise de taille intermédiaire de 50M€ ?

Réponse : 44% de croissance moyenne annuelle … quand même

Si une telle entreprise est capable, pendant toute la durée de sa croissance, de maintenir à 6% son taux d’autofinancement (résultat + dotation aux amortissements / chiffre d’affaires) et si son intensité capitalistique (immobilisations nettes + besoins de financement du cycle d’exploitation) reste la même en proportion de son chiffre d’affaires (soit 27% dans notre exemple), pourra-elle financer sa croissance sans avoir recours à des capitaux externes ?

Réponse : non, même si l’autofinancement est correct, il lui faudra collecter 5M€ de capitaux externes pour participer à son développement… et il s’agit ici d’un développement “vertueux”… donc difficile de se développer à ce rythme sans partenaires financiers !

Et pour accompagner le développement de 1500 entreprises calquées sur ce modèle théorique, il faudrait trouver d’ici 5 ans 7,5 milliards € de nouveaux concours externes à puiser dans l’économie.

Dominique F Pasquier