… si l’économie est indissociable du recours à des financements externes, la bonne santé de celle ci est très corrélée à celle des marchés financiers, lesquels suppléent de plus en plus les concours des banques.
Or dans la conjoncture que nous traversons, les acteurs de marché perdent confiance et parfois aussi un peu leurs repères en attribuant aux agences de rating un pouvoir quasi surnaturel dont elles se passeraient sans doute bien volontiers.
Le séisme causé le 12 août dernier par la dégradation de la dette souveraine des Etats Unis et plus récemment encore les surenchères médiatiques autour des commentaires pourtant très mesurés des agences de rating sur l’avenir du rating AAA de la France montrent que la définition du rating n’est pas très bien comprise. Entre un rating AAA, et un rating AA+ (celui de la dette souveraine des Etats Unis selon Standard & Poor’s), la différence est plus que ténue (le «AA » signale un « risque quasiment similaire à celui d’un AAA ») et ne justifie sans doute pas tant d’émoi. Un tel mouvement révèle la nécessité de ne pas seulement faire reposer sur un tiers – même indépendant et compétent – le jugement du risque que l’on prend. Tout acteur responsable doit faire sa propre opinion sur le risque de crédit et il a à sa disposition un outil très utile pour ce faire : l’analyse financière …
Dominique F Pasquier