… du Colibri renifleur
La quête d’idéal collectif n’est pas nouvelle. Elle aura généré des grands élans de générosité à compte d’autrui où le bien commun ne souffre pas la concurrence du bien humain. Les grandes révolutions de société laissent souvent un goût amer, Révolution française, Bolchevisme, Fascisme, Nationalismes…Les révolutions économiques, elles non plus, ne sont pas dénuées de dommages collatéraux : prolétariat de la révolution industrielle, prolétariat numérique aujourd’hui, esclavage de la consommation débridée…
L’économiste pourrait peut-être apporter sa goutte d’eau pour atténuer l’impact de ces dommages. En écrivant par exemple l’équation du – vrai – petit service rendu qui se voit “d’en bas” sans se voir “d’en haut”, une équation qui ferait triompher la microéconomie sur la macro économie.
L’écriture de cette équation nous est donnée par le colibri porteur de la goutte d’eau destinée à éteindre l’incendie. Le colibri porteur d’eau fait modestement sa part mais il fait toute sa part. C’est un peu le modèle des bâtisseurs des cathédrales dont l’écrasante majorité savait ne jamais pouvoir voir l’édifice achevé. Chacun n’en apportait pas moins sa goutte d’eau ou plutôt sa pierre à la création du beau selon les critères d’une puissance supérieure (NB : BRCSAS étant tenue par la charte de laïcité, ne nomme pas Dieu, a fortiori pas Dieu Trinité, mais l’auteur n’en pense pas moins…). On peut appliquer aussi cette écriture à Mère Teresa pour qui “servir les autres est un privilège (…), l’action (n’étant) qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais sans notre action cette goutte manquerait”. Ce témoignage fait écho à l’évangile selon Luc 17,7-10 où le serviteur fait son devoir sans ostentation mais bien, avec esprit de discernement. Il faut quand même déposer la goutte d’eau là où il y a l’incendie et pas ailleurs!
Le Colibri se doit donc aussi être bon renifleur s’il veut devenir un saint…
Dominique F. Pasquier