Charité, nouvelle frontière pour la pensée économique

Les Évangiles de la semaine foisonnent d’exemples pour économistes curieux.

Le passage lu dimanche 12 novembre 2017 illustre un conflit entre principe de réalité et principe de générosité. Ce passage, curieusement intitulé “Parabole des vierges folles et des vierges sages” met en scène dix jeunes filles impatientes de rejoindre un époux apparemment polygame à l’occasion d’une soirée de noces plus tardive que prévu. Les 5 sages disposent de suffisamment d’huile pour éclairer leur lampe jusqu’au bout du chemin qui les mène à l’époux polygame. Les 5 autres qui n’en ont pas assez rebroussent chemin pour en acheter faute d’avoir été dépannées par aucune des 5 vierges sages. Et bien évidemment elles ratent le rendez vous.

Polygamie, égoïsme, totale absence de compassion envers les vierges dites folles, ce passage de l’évangile manque décidément d’esprit évangélique.  Mais c’était une “parabole” ou une image comme on dirait aujourd’hui, image d’ailleurs commentée il y a 16 siècles par Augustin d’Hippone (NB : assujettie  à la charte de la laïcité, BRCSAS ne peut pas dire “Saint Augustin”). L’huile désignerait la charité laquelle serait le bien humain le plus précieux aux yeux de Dieu. Aujourd’hui très versé dans les questions de charité, François de Rome (NB : même nota bene que le précédent NB) ne désavouerait évidemment pas Augustin d’Hippone, bien au contraire. D’où une nouvelle révolution en perspective dans l’ordre des valeurs de l’économiste.

La charité, seul bien appelé à échapper au froid rapport d’échange…

Dominique F. Pasquier