L’argent sale

Sinistre actualité.

Entre Tracfin, les codes de déontologies, les codes de bonnes pratiques, tout semblait pourtant avoir été mis en oeuvre pour mettre un point final à ces mauvaises pratiques. Les politiques et les lobbies qui marchent plutôt la main dans la main semblaient avoir pris la mesure du problème et imposé un traitement de choc. Et voici les “Panama Papers” qui reviennent à la surface ! Et voici le financement du terrorisme qui ne baisse pas la garde !

A défaut d’avoir été utile pour atteindre la juste cible, l’arsenal bureaucratique “anti argent sale” aura au moins servi à alerter les citoyens du monde riche. L’écologiste social et solidaire ne peut désormais plus ignorer que son inséparable téléphone portable contient des terres rares qui détruisent la planète. Le consommateur impénitent de produits à bas coût  se rend complice de conditions de travail inhumaines dans les pays en voie de développement. L’employé de banque qui met son bonus en jeu dans l’élaboration de montages d’optimisation fiscale finira par s’identifier comme maillon d’une chaîne de soustraction du bien commun…

Une liste si longue risque de conduire à la désespérance cynique, à moins que…

A moins d’avoir médité l’Evangile de Luc 16, 9 -15 où Jésus  dit à ses disciples “Moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles”. Enfin une invitation positive au recyclage de l’argent mal gagné ou mal dépensé!

Petite restriction tout de même : les amis qui vous accueillent dans les demeures éternelles sont des protégés de Dieu, autrement dit des pauvres sur la Terre.

La voie du recyclage “vertueux” est donc assez étroite : donner son argent aux pauvres !

Dominique F. Pasquier