Plus de risques pour moins de risque ?

Question à poser aux théoriciens de la diversification de portefeuille d’actifs financiers!

“Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier”… La formule fait mouche autant chez les profanes que chez les “apôtres” de la diversification de portefeuilles d’actifs livrables “clés en mains” au nom d’une meilleure maîtrise du risque.

La logique y trouve-t-elle si spontanément son compte ?

La réponse est non si l’enjeu est de limiter le nombre d’occurrences de sinistre.  Si j’investis dans un actif à risque, je peux m’attendre à un risque de subir des pertes 4 fois moindre que si j’investis dans 4 actifs équivalents à risque (non corrélés entre eux).

La réponse est oui si l’enjeu est de réduire l’ampleur de la perte en cas de survenance d’un sinistre sur un actif parmi 4.

N’a-t-on pas célébré aux États-Unis les vertus des portefeuilles diversifiés au point de réduire le risque de perte à un pur risque statistique qui plus est mathématiquement (sic !) prévisible ?

Nul n’ignore aujourd’hui les méfaits des portefeuilles de crédits subprime américains. Le risque de ces portefeuilles était pourtant supposé reposer sur des actifs se comptant par milliers et répartis sur tous le territoire américain !

On ne saurait recommander de s’écarter du dogme des statisticiens qui veut réduire le risque à une probabilité de défaut et se méfier des sirènes de la diversification statistique surtout quand elle pousse à mutualiser les mauvais risques avec les bons.

L’expérience montre que “plus de risques” mène souvent à “plus de risque” …

Mieux vaut rappeler en toute circonstance le primat de l’économie sur la finance et le primat de la finance sur le … panurgisme mathématique !

Dominique F. Pasquier