Vers une dérive des produits dérivés ?

La presse titrait le 19 décembre 2013 : “les dérivés menacent l’Europe d’un Fukushima bancaire”.

Les chiffres cités avaient de quoi saisir d’effroi. La valeur dite “notionnelle” des produits dérivés dans le monde retrouve des niveaux d’avant crise au point de culminer à plus de 700 000 milliards de dollars, soit 10 fois le produit intérieur brut mondial.

Des grandes banques auraient engagé l’équivalent de 1000 fois leur fonds propres en “notionnel” de produits dérivés de taux, de change, de crédit, de matières premières, d’actions…

En période d’instabilité financière, l’agent économique a toutes les raisons de vouloir couvrir son risque. Un emprunteur à taux variable agira en bon père de famille s’il “échange” son taux variable contre du taux fixe. Ce faisant il participe à l’inflation de produits dérivés à hauteur de l’emprunt contracté.

La contrepartie qui va accepter de le protéger va sans doute vouloir se couvrir à son tour provoquant là encore un doublement du notionnel même si le “sous-jacent” reste le même.

A ce jeu là on comprend qu’une opération peut déclencher une série en chaîne de produits dérivés sans impact majeur sur le risque ultime.

Que l’on se rassure donc.

Mais n’y-a-t-il pas matière à bien vérifier ses calculs ?

On n’a jamais autant parlé de risque opérationnel ou de risque d’exécution dans les sphères financières et bancaires.

Manifestement à juste raison…

Dominique F. Pasquier