Le combat de 5 ans livré par le régulateur contre l’hydre des marchés financiers est-il gagné ?
Le réveil du front de l’immobilier conduit à en douter.
Pour éviter de parler de la France, concentrons-nous cette fois-ci sur notre voisin d’Outre Manche.
Les prix de l’immobilier résidentiel flambent de nouveau, surtout à Londres : +8% en 2013.
La richesse des ménages a-t-elle augmenté de 8% en 2013 dans ce pays où le produit intérieur brut n’a guère progressé que de 2% ?
On en doute mais où est l’anomalie ?
Elle est dans le ratio dit de “House Price to Earning”.
Ce ratio culmine à un plus haut historique de 8x dans le “Grand Londres” ce qui signifie qu’un ménage devra y mettre de coté 8 années de son revenu disponible pour se libérer des obligations de son crédit immobilier d’acquisition.
Faut-il s’affoler ?
Les sages parmi les économistes – mais y-en-t-il ? – découvrent les vertus des faibles taux d’intérêt hypothécaires.
Il est vrai que la charge d’un emprunt à 20 ans et à 3% sur le revenu annuel d’un ménage est moindre que celle d’un emprunt à 20 ans assorti d’un taux d’intérêt de 9%.
Mais la modération des taux n’est-elle pas une conséquence du “quantitative easing” et autres dispositifs mis en place par la banque centrale d’Angleterre pour alléger le poids de la dette d’État ?
Et pourquoi la dette d’État inquiète-t-elle aujourd’hui ?
A cause des subprimes d’hier.
Et à quoi le gonflement des prix risque-t-il de nous amener ?
… à des subprimes pour demain…
Dominique F. Pasquier