L’impérieux besoin d’État justifie-t-il une telle promiscuité avec les décisionnaires économiques ?
Les capitalistes privés ne sont pas en reste pour réclamer “plus d’État”.
Ils n’ont pas tout à fait tort dans des pays comme la France où plus de 55% de la richesse produite se dissipent en dépenses d’État.
Aussi observe-t-on des lobbys prêts à croiser le fer au nom de la défense du citoyen consommateur… peut-être aussi au nom de la de la défense de leurs propres intérêts…
Il n’est pas sûr que la démocratie y trouve son compte mais, au fait, que doit-on comprendre par “démocratie” ?
Si la raison d’être de la démocratie est d’épouser les vœux du plus grand nombre, les lobbys n’ont-ils pas raison de pousser les citoyens vers des aspirations auxquelles ils n’avaient forcément pas pensé ?
Les exemples sont innombrables dans les domaines des loisirs, de la consommation, de la santé, des modes de vie…
L'”Homus Democraticus” se retrouve ainsi un peu à la merci des concepteurs qui, sans relâche, imaginent le bien-être démocratique avant de passer le relais aux acteurs de la vie politique qui se chargent de constitutionnaliser ce “bien être” en autant de lois, règles et prescriptions sans lesquelles le salut n’est désormais plus de ce monde.
Sans que l’on sache trop s’il faut l’attribuer à Guizot (France, 19ème siècle) ou à Deng Xia Ping (Chine, 20ème siècle), la formule “Enrichissez vous, faites des affaires” … est peut-être cynique mais si on la complète par “… sans l’État “, elle a le mérite de réduire “ces externalités négatives” qui polluent un peu (trop) la liberté d’entreprendre de nos concitoyens.
Dominique F. Pasquier