… ou les deux en même temps ?
Cette dialectique pour le moins cryptique est celle de Janet, Mario & Co. Les fabricants d’indicateurs ayant décrété que l’inflation ne concernait que les produits de consommation et pas l’immobilier, les ménages d’aujourd’hui sont supposés vivre dans un Éden de prix bas alors qu’ils n’ont jamais payé autant pour vivre dans des logements aussi étroits. Otages des diktats statistiques imposés par les faiseurs de chiffres, Janet, Mario & Co. dont les Banques Centrales ont pour mission de combattre l’inflation se retrouvent sans “job”, ou sans inflation “officielle” à combattre.
Il leur reste sur les bras la relance des économies sans quoi le chômage leur sera reproché. Comme le remède contre l’inflation est l’application de taux d’intérêt élevés et qu’il n’y a plus d’inflation, l’idée assez consensuelle est de faire baisser les taux d’intérêt pour relancer l’économie. CQFD. Tant et si bien qu’à force de les faire baisser, ils sont parvenus à rendre les taux directeurs négatifs.
En réalité, il y a deux taux directeurs. L’un permet de donner des liquidités aux banques dont les banques centrales refinancent les besoins. L’autre permet aux banques de placer dans les banques centrales les excédents de liquidités qu’elles ne veulent investir ailleurs. La proposition est que les banques centrales fassent payer très cher aux premières en leur imposant des taux d’intérêt très positifs si elles veulent se refinancer auprès des banques centrales et qu’elles fassent payer très cher aux secondes en leur imposant des taux d’intérêt très négatifs pour mieux les dépouiller si l’envie leur prend placer leurs excédents de liquidité auprès des banques centrales. Mesure un peu rude et peut-être dangereuse mais qui aurait le mérite de faire des heureux parmi les actionnaires des entreprises de Mario et de Janet. Les actionnaires de Mario ? Les banques centrales de l’UE dont la Banque de France, propriété d’État. Les actionnaires de Janet ? Les banques commerciales et d’investissement nord américaines.
Janet, Mario, could you please post a comment ?
Dominique F. Pasquier