New Age

Encore chamboulés par le vendredi noir, les esprits tâtonnent.

Etre ou ne pas être européen. Etre ou ne pas être souverainiste. Etre ou ne pas être (alter) mondialiste. Les logiciels sont à la peine. Chacun cherche son cap. Mais quel cap ? Cap idéologique ? Cap politique ? Cap sécuritaire ? En cette période troublée, recommandons le Cap économique, au moins comme roue de secours. Réfléchissons sereinement sur le sens des frontières. Les frontières historiques ont du plomb dans l’aile. Les frontières linguistiques s’effacent sous la pression universelle du sabir néo anglais.

Il reste donc les frontières économiques. A-t-on oublié que les politiques nationaux de l’Europe, trop jaloux de leurs prés carrés et de leurs ronds de cuir, ont d’abord fait de l’Europe un Marché Commun pour mieux éluder le vrai projet fédéral que les pères fondateurs voulaient faire autour des valeurs (chrétiennes) ? Le Brexit menace-t-il à ce point ce Marché Commun ? L’Europe ne cherche-t-elle pas plutôt à regagner son espace économique “naturel“, lequel recouvre plusieurs espaces économiques qui découlent du si peu appliqué principe de subsidiarité ? De même que les très petites entreprises cohabitent avec les PME, lesquelles cohabitent avec les multinationales, l’Europe pourrait instituer des unités économiques homogènes avec des tailles très diverses mais partageant toutes la visée d’un impôt minimum.  L’obstacle à cette belle construction n’est–il pas  le concept un peu ringard de l’Etat-Nation lequel n’épouse cette représentation ni d’un point de vue économique ni d’un point de vue fiscal, ni d’un point de vue démographique. Sur ce dernier point, il n’est pas impossible que 50% des Français aient beaucoup plus d’affinités avec 50% des Allemands qu’avec les autres 50% de Français et ainsi de suite.

L’économie reste décidemment impuissante face à un tel verrou.

Dominique F. Pasquier