Cette qualité assez désuète revient en force.
Les récents événements laissent peu d’alternatives entre vengeance et pardon. Derrière la vengeance, il y a l’engrenage du mal. Derrière le pardon il y a une forme de libération. Ce qui pourrait être un développement de catéchèse chrétienne trouve sa correspondance en économie. La réaction primaire à une nuisance ou à une attaque est une contre-attaque, comme les économistes allemands la résument avec l’expression “Tit for tat“. On imagine que la contre-attaque déclenchera à son tour une “contre contre-attaque”.
La logique du pardon est évidemment très difficile à avaler quand on se l’applique à soi-même, moins quand on agit pour compte de tiers. Elle représente néanmoins ce que les économistes appellent une “ouverture” qui permet des initiatives de construction en “dur“. Sous réserve bien sûr que cette logique se tienne à l’écart de la “bisounourserie bienpensante” et qu’elle se concentre sur l’intelligence et sur la clairvoyance. C’est un peu la démarche que les pères fondateurs de l’Europe avaient adoptée pour tourner le dos aux horreurs du nazisme.
On ferait bien de s’inspirer de cette démarche.
Dominique F. Pasquier