La statistique économique adore les grands nombres. Tant et si bien que la forêt finit par cacher l’arbre et que la loi de l’offre tapageuse et de la demande anesthésiée finit par l’emporter laissant au bord du chemin les laissés pour compte de la richesse qui ne se consomme pas.
La science économique méritait sans doute mieux de la part de ses théoriciens et mieux de la part des thuriféraires de “l’économie sacrificielle” où il faut souffrir pour se faire admettre parmi les heureux élus du consumérisme.
Pourquoi ne pas opposer à cette économie (bêtement) sacrificielle l’économie sociale et solidaire. Nombreux sont ceux qui pensent que tout reste à écrire là dessus. Ils ignorent sans doute l’Évangile, plus particulièrement le passage de la brebis égarée dans Matthieu 18, 12-14. Il y est dit que le pasteur se réjouit pour la brebis retrouvée plus que pour les quatre-vingt dix neuf qui ne se sont pas égarées. Et Luc 15,6 ajoute que le pasteur invite tout son entourage à se réjouir. Transposons : prenons sur nous et occupons nous des indigents alors-même que les soucis matériels du moment nous assaillent. Certain y verront encore matière à “économie sacrificielle”. Et pourquoi ne pas faire confiance à Jésus, sans doute le plus grand économiste que la terre ait connu. Jésus va jusqu’à nous dire “personne n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple”.
Mis au défi de trouver un autre investissement capable de rapporter un ROI (“return on investment”) de 10000%, autant faire fonctionner notre raison économique et suivre Jésus.
Dominique F. Pasquier