Tant de différences entre Banques de Marché et Banques de Crédit ?

Le projet européen de réforme des structures des grandes banques pourrait aller jusqu’à isoler leurs activités de marché les plus risquées. Ce projet prendrait donc à revers le modèle de banque universelle qui est un peu celui des grandes banques françaises.

Ce thème a le mérite de poser la question sur ce qui sépare le métier de banque de marché de celui de banque de crédit.

Qui s’introduit dans le « cockpit » d’une salle de marchés n’a pas besoin de longues explications pour s’apercevoir que l’ambiance n’est pas la même que dans le guichet du coin de la rue.

Et s’il fallait ajouter une (petite) couche technique à cette observation à l’œil nu, pourquoi ne pas réserver l’étymologie du mot banque – comptoir de vente – aux banques de marché et les distinguer ainsi des établissements de crédit ?

Le mélange des genres entre investissement et crédit n’est donc pas sans conséquences.

Prenons l’exemple d’une banque qui investit 100€ dans des titres cotés qu’elle finance à hauteur de 20€ sur ses ressources propres et à hauteur de 80€ avec un crédit.

Un crédit de ce type étant généralement consenti moyennant une clause d’exigibilité anticipée telle que le montant de ce crédit ne puisse jamais dépasser 80% de la valeur vénale des titres cotés, les scénarios de « descente aux enfers » sont possibles.

Si la valeur des titres diminue de 5%, le prêteur va exiger un remboursement anticipé de 4€ pour ne pas dépasser 80%. L’investisseur va donc devoir vendre pour 4€ de titres mais s’il le fait, le montant de ses titres va être ramené à 91€ et le prêteur va de nouveau exiger un remboursement anticipé de 3,2€. Et si l’investisseur vend à nouveau pour 3,2€ de titres … et ainsi de suite.

Peut-être le fin mot de l’histoire est-il de ne ne pas faire de « l’investissement pour compte propre » en se servant du crédit consenti par les tiers…

Dominique F. Pasquier

2 commentaires

  1. Utilisateur dit:

    Très juste, la gestion du risque peut facilement étouffer l’innovation et la création de richesse. Comme on dit “chat échaudé craint l’eau froide”; les ondulations de forte amplitude du marché ces derniers temps n’inclinent pas à la confiance, et l’idée d’une gestion temporelle continue du risque prend de plus en plus d’importance dans l’esprit des investisseurs et des banques, au risque de créer ce genre de schéma.

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