Mardi 6 septembre 2016 : trois tours de pistes autour du Parc Monceau pour la première discussion économique rapportée ici dans les colonnes des brèves de BRCSAS.
Liberté surveillée ou Prison ?
Non il ne s’agit pas d’une chronique judiciaire mais bien d’une discussion économique. A l’heure des comptes de campagne, les politiques déclarent leur détestation des riches sans dire qui est riche. En même temps ils ne cessent de clamer le bien fondé de leurs mesures en se prévalant du thermomètre des praticiens de l’économie libérale : taux d’emploi, taux de croissance, taux de création d’entreprises, taux tout court ! Le débat ne date pas d’hier. Faut-il “étatiser“, “nationaliser” ou simplement “réguler“. Les tenants du socialisme hollandais ont pris le parti de réguler avec un succès mitigé. Les tenants du socialisme “mitterrandien” avaient pris le parti de nationaliser avec un succès plus tangible. L’industrie française s’en était trouvée modernisée, la population française réconciliée avec le monde de l’entreprise et les banques placées sous le contrôle du Trésor qui n’était pas encore à Bercy. On pouvait regretter moins de croissance qu’en Allemagne, moins de créations d’entreprises qu’en Grande Bretagne mais après tout le peuple français avait un peu le système qui lui correspondait.
Doit on jouer la carte libérale pour sortir de l’ornière ? Cela semble être l’esperanto de la gouvernance de demain quelque soit le terreau politique qui la mettra aux commandes. Est-ce raisonnable d’agir vent debout contre la psychologie d’un peuple intoxiqué par le dirigisme de ses fonctionnaires? L’expérience thatchérienne n’est pas forcément la bonne thérapie pour la France. Elle a d’abord été douloureuse pour l’Angleterre et sa réussite n’aurait pas été possible sans l’existence d’un esprit d’entreprise que deux décennies de travaillisme trotskysant n’avaient pas réussi à effacer complètement. En France ce sont deux siècles de jacobinisme économique qui pèsent sur les esprits. Peut-être pourrait on approfondir l’expérience malheureusement inaboutie de Mikaïl Gorbatchev qui voulait relancer la dynamique de l’Union Soviétique en jouant sur les ressorts de l’initiative personnelle .
Après tout l’entrave à la liberté d’opinion et l’entrave à la liberté d’initiative sont-elles si consubstantielles au marxisme ?
Dominique F. Pasquier