La question peut surprendre, le crédit étant supposé synonyme de confiance.
Les propos quasiment apocalyptiques des experts des marchés à propos de l’impact de trop de dette accumulée sur les économies d’Amérique du nord et de l’Europe engendrent un profond malaise. Économiser sur les dépenses publiques cassera un peu plus la croissance, laisser courir les dépenses publiques ne fera qu’aggraver la situation… Les politiques monétaires des Banques Centrales seraient elles aussi sans effet.
Ces positions de Cassandre sont d’autant plus inquiétantes qu’il y a à peine 4 ans la « liquidité » et le « crédit facile » semblaient régner en maître et sans partage. Or les indicateurs d’endettement auxquels on se réfère aujourd’hui ne sont pas si différents de ce qu’ils étaient il y a 3 ans…
Il est d’ailleurs symptomatique de constater les initiatives des politiques pour « reprendre » la main. Il en va ainsi de la création de la « Banque de l’industrie ».
On est un peu dans le « remake » des années 1970 – 1980 où les établissements de crédit à moyen et long terme contingentaient leurs concours pour en calibrer les quotités d’après les capacités d’autofinancement à attendre des biens à financer … et non d’après leur valeur (supposée).
L’abandon, au milieu des années 1980, de cette approche assez dirigiste au profit du désenclavement des sources de financement a stimulé le marché du crédit et sans doute la croissance économique mais avec les dommages collatéraux d’aujourd’hui, objets de commentaires aussi copieux qu’amnésiques.
Au stade de sa transformation en dette de marché, le crédit cesserait-il d’inspirer confiance ?
Dominique F Pasquier