Too big or not Too big ?

Dans leur quête incessante de nouveaux modèles d’entreprise, les économistes de France ont célébré un temps les mérites des conglomérats anglais et américains “too big to fail”, des “zaibatsus” japonais, des “chaebols” coréens, etc.

Ils découvrent aujourd’hui les vertus du “Mittelstand” allemand, tissu d’entreprises moyennes grâce auquel notre voisin est deux fois plus industrialisé que nous. Pendant ce temps, les champions de l’industrie française se font aussi les champions de la délocalisation, laissant aux PME le soin de créer sur place l’emploi industriel.

Ces commentaires, certes caricaturaux, ont le mérite de poser la vraie question : is big beautiful ?

Ici comme souvent les réponses existent déjà, mais dans les manuels des théoriciens de la finance.

Des entreprises de moins de 30 ans figurent, certes, parmi les plus grosses capitalisations boursières mais les autres se sont le plus souvent inventé, une fois les limites de leur marché «naturel» atteintes, de bonnes raisons pour diversifier leur activité en dehors de leur métier dit “de base”. De “verticale”, leur croissance est devenue “horizontale” et a donné naissance aux conglomérats et autres “zaibatsus”… A cette démarche stratégique, les théoriciens  de la finance opposent  les vertus du mandat de gestion « pur » confié à l’équipe dirigeante de l’entreprise par les représentants de ses actionnaires.

Beaucoup d’opérations “LBO” proviennent d’ailleurs du produit de cession de branches d’activité qui n’entraient plus dans le cœur de métier des entreprises cédantes. On assiste à des mouvements de respiration entre courses à la taille et retours au «cœur de métiers», mouvements abondamment commentés dans les rapports de gestion, au gré des circonstances.

Si l’on suite cette logique, le profit ne devrait être conservé dans l’entreprise que pour autofinancer la croissance de ses métiers, le reste étant à distribuer aux actionnaires.

Dominique F Pasquier