Autocritique

Ringarde, l’autocritique ?

A observer la zoologie des chefaillons de la société dite civilisée d’aujourd’hui, l’autocritique est rangées aux oubliettes. A-t-on entendu un journaliste reconnaître ses erreurs, un manager affirmer qu’il fait fausse route, un homme politique remettre en cause les orientations qu’il impose à ses concitoyens ? Pour la “fausse élite“, la crédibilité tient lieu de vérité et ne souffre d’aucune contestation des codes de bienpensance lesquels nourrissent son fond de commerce. Cette “fausse élite” est en revanche prompte à s’ériger en “Fouquier Tinville” de la “vraie élite“, celle qui reconnaît humblement qu’elle n’est pas infaillible.

Pour avoir accepté de parler en “vérité“, le Cardinal Barbarin aura ainsi subi les assauts de la bienpensance dont l’art est de tourner la vérité en dérision et le mensonge en article de loi. On se demande comment il aurait pu faire autrement face à ses détracteurs prêts à réveiller les pires moments de la dictature communiste quand la seule échappatoire était de se dénoncer pour des fautes que l’on n’avait pas commises. Il est plus sage d’attendre que la bienpensance soit à son tour démodée et que la bienveillance reprenne enfin le dessus.

Même si ça risque de prendre du temps …

Dominique F. Pasquier