Les malheurs des uns feraient-ils ?

 … on se retient presque de terminer l’énoncé de la question tant elle peut sembler de mauvais goût en période de crise…

Les exemples sont légion où la peur du lendemain engendre des comportements de sauve-qui-peut et le  besoin d’institutions solides pour ramener le calme dans les esprits.

L’univers de la finance n’échappe pas à ce phénomène… quand il n’en amplifie pas les effets dévastateurs… mais c’est sans doute aussi dans cet univers que l’on voit le mieux émerger  initiatives et mesures institutionnelles soucieuses du bien public.

Un événement récent mais passé inaperçu en donne un exemple.

Jeudi 1er mars, les 15 membres du comité directeur de l’ISDA (International Swaps and Derivatives Association) ont pris unanimement la décision de ne pas considérer la nouvelle disposition sur le remboursement des obligations publiques grecques  comme événement déclencheur du défaut .

Si cet événement avait été reconnu comme tel, les bénéficiaires des “crédit default swaps” sur la Grèce auraient appelé cette forme de protection  et précipité la crise un peu plus.

On imagine aisément leur déception mais l’initiative de l’ISDA semble bien avoir été gouvernée par l’intérêt public.

Peut être convenait-il donc de passer par le malheur de certains intérêts pour sauver le bonheur du plus grand nombre mais, si tel est le cas, on ne peut que recommander la prescription de traitements homéopathiques et sur des durées limitées.

Dominique F Pasquier