La comptabilité dit-elle toujours vrai ?

L’annonce faite hier par une grande banque d’une perte historique de 14 milliards € en 2013 justifie de se poser cette question.

Le montant en jeu est si extravagant qu’il nous met d’emblée hors de portée des réalités économiques habituellement mises en chiffres.

Ce montant représente néanmoins l’équivalent de 810 000 fois le SMIC annuel (17 160 €) !

Quand on entend les chroniqueurs attribuer au SMIC trop élevé la raison de l’absence de compétitivité d’un pays comme la France, on se demande si on ne devrait pas les inviter à élargir un peu le champ de leurs recherches.

Mais revenons au cas de notre banque.

L’information officielle attribue ces pertes à “des écarts d’acquisition et à des provisions pour risques passées fin 2013 afin (sic) d’assurer le succès d’un nouveau plan stratégique”.

On se demande si l’année 2013 ne s’est pas révélée être “le bon moment” pour “déstocker” ces pertes dont l’origine est peut-être en partie bien antérieure, ce que les règles comptables d’étalement dans le temps peuvent d’ailleurs autoriser.

Ces règles ne favorisent-elles pas des représentations contraires au principe de  transparence si souvent invoqué?

La seule parade reste une bonne analyse économique bien sentie et bien approfondie sur les facteurs de richesse et sur les flux de richesse.

Marx l’aurait sans doute dit…

… Adam Smith, lui aussi, l’aurait sans doute dit.

Dominique F. Pasquier