Si l’on vous dit “2000”, à quoi pensez-vous spontanément ?
Eh bien non… il n’y a ici aucun rapport, ni avec la “Cité des 2000”, ni avec l’an 2000, lequel remonte d’ailleurs à près de 15 ans !
Entre temps un chiffre longtemps ignoré n’a cessé de gonfler pour atteindre cette même barre fatidique des 2000…
Il s’agit de la dette publique française qui frôle les 2000 milliards € ! Les femmes et hommes politiques, d’ordinaire si allergiques aux chiffres autres que ceux de leurs propres sondages et de leurs propres élections, le récitent maintenant tous en chœur.
2000 milliards font une assez jolie somme que l’on peut comparer avec le produit intérieur brut de notre pays lequel – pure coïncidence – frôle, lui aussi, ce seuil.
L’occasion est trop belle pour ne pas manquer de se livrer à ces “petits calculs de coin de table” que les économistes ont en horreur : comparer par exemple la dette publique de la France au nombre des Français … ce qui nous donne quand même 31 000 € par Français ou encore 72 000 € par ménage Français…
La dette publique va ainsi se transmettre de génération en génération, manière à peine voilée de dire que ce sont les enfants à naître qui subiront la charge du remboursement des emprunts décidés par des aînés qui ne seront même plus là pour rendre des comptes sur leur impécuniosité, leur pusillanimité, leur égoïsme.
Pourquoi ne pas prendre sa calculette et simuler comment “notre” dette publique devrait se rembourser si elle était “vertueuse”?
C’est la sécrétion des richesses du pays qui permet le remboursement. Or l’accroissement des richesses d’un pays découle de son produit intérieur brut lequel ne fait que constater la somme des valeurs ajoutées produites par les agents économiques.
Et quel est le mécanisme permettant de prélever cette richesse à la source? C’est la fameuse TVA de 20%.
Si toute cette TVA était sagement affectée au remboursement de la dette publique, celle-ci ne serait plus qu’un (mauvais) souvenir dans 5 ans.
Problème… La TVA sert à tellement d’autres choses qu’elle ne laisse plus aucune place pour participer au moindre remboursement.
L’intention même de rembourser une fraction de la dette s’est donc bien volatilisée…
Alors … “dette à perpétuité”?
Dominique F. Pasquier