S’appauvrir pour devenir riche ?

N’est -ce pas le message à retenir des déficits de la balance courante de la France dont on proclame pourtant qu’elle est aussi “riche” que la “riche” Allemagne ?

Les économistes institutionnels ne supporteraient pas que l’on mette en cause la justesse des chiffres sur lesquels ils échafaudent leurs théories.

Mais sans qu’il y ait matière à les contrarier là dessus, ne peut-on pas au moins leur poser la question du contenu des chiffres qui leur servent de base de travail ?

Les USA affichent par exemple 405 milliards $ de déficit de leur balance courante sans que nul ne trouve à redire sur la suprématie économique de ce pays.

La France, plus modeste joueur, se contente de (quand même) 33 milliards $ de déficit.

Est-elle moins riche pour autant que l’Espagne qui affiche, elle, un excédent (certes modeste) de 4,3 milliards $ ?

Le message subliminal est que la richesse ne désigne pas seulement ce que les chiffres laissent imaginer. Il est à rapprocher d’un autre phénomène à la mode. Après avoir stigmatisé pendant des décennies une France casanière incapable de parler l’anglais et dénuée de toute envie d’aller voir “ailleurs”, on regrette maintenant, et avec la même vigueur, une France devenue si exportatrice de ses forces vives que l’on se demande ce qu’il va rester de “notre appareil productif” !

Ces clichés se nourrissent des chiffres sur les mouvements démographiques dans notre pays mais, s’ils sont exacts, ils suggèrent aussi deux nouvelles catégories d’acteurs économiques à prendre en considération dans l’analyse, celle des non résidents Français et celle des non résidents de France. Toutes les deux sont vecteurs de richesse mais il n’est pas sûr que les données statistiques bridées par la “bienpensance idéologique” en restituent tout l’impact sur la fameuse balance !

Le non résident ne mérite-t-il pas meilleur traitement ?

Dominique F. Pasquier