Suspecte, pas nécessairement, redondante, oui, sans doute.
A l’heure des publications des comptes annuels des entreprises cotées, on assiste à un florilège impressionnant de commentateurs et de commentaires. Pour quelques tableaux de chiffres, les pages des notices et explications s’égrainent interminablement. Il y va de l’obligation de transparence, de conformité, voir de bonne pratique, obligation incombant aux experts s’adressant au grand public lequel n’y comprend d’ailleurs pas grand chose.
L’information comptable serait-elle complexe au point de ne pouvoir se livrer au grand public sans la médiation de commentateurs ? A partir du moment où les comptes s’élaborent en appliquant des standards admis, ne devraient-ils pas se suffire à eux-mêmes et ne devrait-on pas interdire aux entreprises, à leurs expert comptables et à leurs commissaires aux comptes d’en rajouter ?
Prônons plutôt le retour au “naturisme” des chiffres. Si l’on donne, sur plusieurs années, au grand public des actionnaires, le chiffre cash des recettes d’un groupe, le chiffre cash de ses dépenses, le chiffre cash de sa dette, le chiffre cash de ses investissements, n’y-a-t-il pas déjà matière à évaluer la pertinence d’une part de propriété dans ce groupe ?
La défense du prolétariat ne concerne donc pas que les salariés.
Les petits actionnaires aussi !
Dominique F. Pasquier