Le temps a-t-il de la valeur ?

Question un peu étrange, sujet du moment pourtant.

Observons les taux d’intérêt des emprunts des États dit riches. Si vous souscrivez à un emprunt de l’État allemand (le “Bund”), vous devrez payer en plus si cet emprunt est à très court terme. Si vous acceptez d’attendre quelques années avant d’être remboursé, vous serez gratifié d’un taux d’intérêt positif (quoique modeste… 1% à 30 ans…). A très court terme, l’argent devient donc une marchandise (une “commodity” dirait-on aux US) dévalorisée, pas très étonnant après l’inondation des liquidités opérée par les Banques Centrales pour sauver le soldat “Euro” et le soldat “Dollar”.

La solution est peut-être à trouver dans la Bible. L’Ecclésiaste 3.1-15 ne recommandait-il pas d’apprendre à donner du temps au temps ? Voulait-il mettre pour autant un chiffre devant le facteur temps? La réponse est non. Le “un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté” suggère simplement la vertu de la patience.

Mais cette vertu risque de s’éroder si l’on veut à tout prix que le temps produise de la valeur. Exemple, le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes près de Nantes, un projet imaginé en 1963. Son intérêt est beaucoup plus discutable que discuté, son coût jamais avoué mais probablement supérieur au milliard d’Euros ce qui contrarie tout effort de financement de la part d’un pays déjà assis sur une montage de dette. La pression pour lancer ce projet monte pourtant dans les rangs des partis politiques de tous bords – ce qui ne surprendra personne – mais aussi dans le public qui risque bien de répondre oui au référendum local promis.

Prions pour que ce public ait pris le temps de lire l’Ecclésiaste avant.

Dominique F. Pasquier