Petit jeu de mots pour apprentis analystes financiers.
Le mot “cash” est souvent employé dans le commentaires financiers sans que l’on soit totalement d’accord sur le sens à lui donner. Les rapports annuels d’entreprises cotées aiment rassurer leurs actionnaires en insistant sur le coté très “cash rich” de leurs investissements en oubliant de préciser si cela désigne la possibilité pour eux de revendre facilement leurs actions ou plus prosaïquement l’existence d’un “trésor de guerre” qui sera mis à profit par l’entreprise pour lancer demain une OPA. L’actionnaire est ainsi invité à se laisser bercer par les messages d’une “saine” situation de “cash flow“, facteur-clé d'”indépendance financière renforcée” et de “moyens financiers affermis” pour affronter avec confiance un “avenir prometteur“.
Ces messages lénifiants s’interrompent subitement lorsque le management d’entreprise décide de préparer la psychologie des (petits) actionnaires à des réalités “imposées par les circonstances”. On attribuera par exemple l’arrêt des dividendes à la “brutalité du retournement des fondamentaux du secteur” qui obligent le management à une “révision drastique” des choix stratégiques, et à une “réévaluation des immobilisations” synonyme de pertes qui de “latentes” deviennent “effectives”. Les managements sont trop prudents pour tenir seuls ce type de discours. Ils auraient d’ailleurs tort tant les experts en comptabilité sont nombreux et disponibles pour leur prêter main forte. Tels les “Diafoirus” du XXIème siècle, il se précipitent muni de leurs instrumentation de bord autrement dit des fameuses normes comptables “IFRS” qui permettent de faire “avaler” des pertes à partir de rien. Grâce à eux, là où le cash trépasse
Les managers passent (leur chemin).
Dominique F. Pasquier