Perte de vitesse.
L’alerte est lancée. Déjà malmenée par les fermetures d’usines et les délocalisations, la production industrielle française poursuit sa descente aux enfers. Après avoir célébré à l’unisson le paradigme de l’économie du “tout service” et du “tout loisir”, les contrôleurs de l’espace économique redécouvrent les vertus de l’économie dite “secondaire” dont l’Allemagne tire son prestige. Il n’est pas sûr que l’Allemagne où plus de 60% du Produit intérieur brut émanent des services soit aussi productive que ce que les Français imaginent. Mais l’Allemagne, c’est l’Allemagne, c’est le pays du Mittelstand industrieux niché en pleine campagne, c’est le pays des belles automobiles fabriquées sur place. Les clichés suppléent nos connaissances finalement médiocres sur les ressorts du succès de l’économie de notre voisin d’Outre Rhin.
Le retour sur scène de la question de la production en France aura au moins le mérite de questionner les sources de la richesse nationale. Sully, ministre d’Henry IV, avait anticipé 50% de la réponse en énonçant le fameux “Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France“. Quand l’agriculture devient riche au point de faire mieux que nourrir les paysans qui travaillent la terre, les excédents peuvent nourrir des corporations d’artisans, puis de commerçants, puis d’industriels et pour finir les employés de ces corporations qui accèdent avec leurs familles au statut de consommateurs. Ils fournissent les autres 50% de la réponse à la question sur la production. Il en découlerait presque un écosystème parfait sans l’intrusion d’agents financiers manipulateurs de monnaie et de crédit. Les perturbateurs de la production, ce sont eux ! En effet…
Le crédit ne produit pas (plus) la richesse !
Dominique. Pasquier