Mais à quel travail sommes-nous conviés ?
Au 19ème siècle le travail qui s’opposait au capital était synonyme d’aliénation. Les marxistes ont déployés de gros et louables efforts pour réhabiliter le travail comme valeur et le travailleur comme acteur digne de respect. Jusqu’à ce que le communisme dérape dans le productivisme et le stakhanovisme, toutes voiles gonflées vers le dogme d’un très illusoire paradis soviétique. Les disciples de Proudhon et de Fourier sont nettement plus rassurants. Les modèles des coopératives ouvrières issus de leur pensée sociale ont prouvé leur utilité.
La totale vacuité du discours de la gauche du 21ème siècle face à la question du travail laisse pantois. Ce facteur pourtant crucial de la production économique est relégué dans les les oubliettes de leur pensée économique d’où ne ressort que l’idée du travail comme mal nécessaire à strictement cantonner dans les limites des 35 heures. On aurait préféré une pensée tournée vers le travail comme source de production et vers le service ainsi rendu comme devant être reconnu et payé pour ce qu’il est. Reconnu pour ce qu’il est par une information des consommateurs sur les conditions de fabrication des produits, bannissant les niaiseries publicitaires et promotionnelles dont les ondes les abreuvent chaque matin. Payé pour ce qu’il est en faisant barrage aux produits d’importation issus de l’exploitation inhumaine de la main d’œuvre de pays dits “à bas coût”. Demandons – une fois n’est pas coutume – à Adam 2 – alias Adam Smith – de se plier à ce vrai discours de gauche.
Même le libéralisme y trouvera son compte.
Dominique F. Pasquier