Quand l’État prend la place de l’actionnaire défaillant d’une entreprise défaillante, se poser la question du bon usage de l’argent du contribuable est légitime.
Mutualiser les pertes pour mieux privatiser les profits n’a évidemment jamais eu bonne presse.
L’analyse comptable d’entreprise vient pourtant (un peu) au secours de cette pratique qui est loin d’être exceptionnelle.
L’entreprise opère comme un agent de circulation de flux économiques, encaissant les produits d’exploitation qui ne lui appartiennent pas pour payer les achats aux fournisseurs, les salaires au personnel, les frais financiers aux banques, sans oublier l’impôt.
Imaginons une entreprise dégageant une valeur ajoutée de €40 après avoir consommé €60 et avant de débourser €30 pour ses salariés et €15 pour ses banques. Il lui reste une perte de – €5 qui risque de la mettre de faillite à moins d’être “renflouée” grâce à une subvention de €5.
L’intérêt public n’est-il pas d’accorder cette subvention de €5 si elle permet de sauver les €60 revenant aux fournisseurs et les €30 revenant aux travailleurs ?
Qu’Adam Smith se méfie… la tentation est forte de forcer la fameuse “main invisible” des marchés en mélangeant intérêts privés et intérêt public!
Dominique F. Pasquier