La peur ?
La réponse dépend du sens à donner au sentiment de peur. Sans le faire entrer dans les méandres du philosophe ni dans celles du psychologue, on retient une phobie du risque et de l’incertitude, deux termes familiers aux économistes. La peur du risque engendre la frilosité devant tout pari. A l’inverse, le goût du risque stimule l’imagination, l’intelligence et le calcul, trois qualités décrivant bien le capitaliste vertueux.
La peur est donc mauvaise conseillère. De là à combattre la peur au nom du capitalisme triomphant, il y a un pas que François (de Rome) ne franchirait sans doute pas. A force de triompher, le capitalisme fabrique à son tour un libéralisme fort intrusif qui entend gérer les peurs des autres sans demander l’avis des intéressés. Tant et si bien que les démocraties s’affichent avec des barrières, des réglementations en comparaison desquelles les pays de l’Axe du Mal (“Bush 2002”) feraient presque figure d’États débonnaires. Au nom de la “bienpensance“, de “l’égalité” du “devoir de mémoire“, de la “transparence“, de la “santé publique“, de la “protection des minorités“, de la “défense des civilisations“, que de murs n’ont-ils pas été construits !
François (de Rome) vient de rappeler qu’un bon chrétien construit des ponts, pas des murs. C’est vrai que ses mots ont été prononcés dans un contexte différent, en l’occurrence pour dénoncer les barrières à l’immigration aux US et peut-être dans l’Europe de Schengen de demain. Pourquoi ne pas prendre au mot son appel et demander aux Français catholiques de s’unir avec François (de Rome) derrière Angela Merkel, sans doute la seule rescapée des politiques chrétiens de l’Union Européenne ?
Il est vrai qu’elle n’est pas (encore) catholique, seulement chrétienne.
A l’heure de l’œcuménisme, ça devrait passer.
Dominique F. Pasquier