« Donner c’est donner, reprendre c’est voler ». Qui n’a pas en mémoire ce proverbe maintes fois prononcé sous les préaux des écoles ?
On pourrait le voir aujourd’hui comme clin d’œil adressé aux professionnels du crédit.
La prodigalité des années 2000 a provoqué un endettement gigantesque à tel point que l’on peut se demander si vouloir « reprendre » ce que l’on a « trop donné » aux emprunteurs ne revient pas à les « voler » un peu.
Placé sur un plan macro économique, le débat devient subitement plus complexe. La dette ayant pour effet d’accroitre la masse monétaire bien au-delà de la croissance du produit intérieur brut, on devine qu’il y sécrétion de « mauvaise graisse » dont il faudra bien se débarrasser.
C’est précisément la manière de s’en débarrasser qui va faire la différence.
La tentation est forte de « punir » l’un des deux protagonistes – le prêteur ou l’emprunteur – voire les deux en même temps. C’est ce que l’on fait avec la dette grecque.
Une autre possibilité serait de repousser aussi loin que possible dans le temps le constat « officiel » de la perte de valeur de la mauvaise dette auquel cas ce sont les générations futures qui auront à porter le fardeau des générations présentes … scénario déjà bien rôdé dans d’autres domaines.
Ces jeunes générations ne devraient-elles pas changer le proverbe des préaux de leurs écoles en « prêter c’est prêter, reprendre c’est voler »…autrement dit que leurs « aînés » se débrouillent tout seuls comme des grands !
Dominique F Pasquier