La finance, anti richesse ?

Les gazettes surabondent en commentaires et propos bien sentis sur les effets pervers de la finance moderne et sur le pouvoir prédateur qu’elle exercerait sur l’économie réelle.

 Sans chercher à démêler le vrai du faux dans ces discours, le moment n’est il pas venu de prendre le recul que nous offrent 3 années d’après crise du sub prime et même un peu de hauteur par rapport à la crise des dettes souveraines ?

 Après avoir cru naïvement dans la spécificité de l’industrie financière comme source autonome de création de valeur ajoutée, les observateurs et experts se rallient désormais à l’idée que la finance  ne crée pas de richesse.

 Conclure pour autant que les métiers de la finance sont inutiles, certains allant même jusqu’à les qualifier de « parasites », est évidemment bien hâtif.

 On se souvient certes des méfaits de l’économie de dette qui a gonflé la masse monétaire bien au-delà de l’économie réelle. Il en est découlé la création de « non valeurs » en série et un appauvrissement général.

 Le gonflement des déficits publics – corrélativement des dettes souveraines – n’est il pas lui aussi source de création de « non valeurs » ?

 On peut donc modestement penser que la « mauvaise finance » retranche de la valeur à l’économie et que la « bonne finance » ne fait que préserver la valeur de l’économie … ce qui n’est déjà pas si mal.

 Le paradoxe vient de ce que la finance moderne dite « structurée » s’est souvent prévalue de la capacité de génération d’excédents de trésorerie stables comme critère de calibrage de la dette nouvelle à consentir aux emprunteurs.

 On ne saurait mieux dire et … recommander de joindre le geste à la parole !

 Dominique F Pasquier