C’est bien la question que posent implicitement tractations, montages et autres habillages financiers auxquels on n’hésite pas à recourir pour se prémunir contre le risque « systémique ».
Le mécanisme de LTRO – « long terme refinancing operation – auquel les banques ont eu massivement recours (529 milliards € en février 2012 après 489 milliards € en décembre 2011) est censé apporter « l’oxygène » nécessaire pour porter les dettes des Etats de la zone Euro.
Est-il si différent du « quantitative easing » (refinancement de la dette publique par la banque fédérale US) pratiqué par nos voisins d’outre atlantique et si décrié par nos commentateurs européens ?
Est-il si différent aussi des mécanismes de financement des portefeuilles subprime comme on les pratiquait dans les années 2004 ?
Le génie des montages financiers et de la titrisation aura été d’élargir la palette des investisseurs et de faciliter l’accès au crédit de nombreux acteurs qui en étaient privés. Le « bon » génie s’est transformé en « mauvais » génie à partir du moment ou les montages ont commencé à mettre sur le marché des fonds en oubliant les capacités de l’emprunteur pour les rembourser.
Est-on si éloigné de ce scénario aujourd’hui ?
Un tel emballement laisse le choix entre deux positions :
- La position catastrophiste selon laquelle on recule encore un peu plus sans même avoir l’espoir de « mieux sauter »
- La position optimiste qui veut donner du « temps au temps » en pariant sur le retour à la croissance.
Même s’il faut s’aligner sur la position optimiste, comment ne pas prescrire « l’homéopathie à haute dose » ?
Dominique F Pasquier