Mot à éviter en temps de crise…
Peut-être devenus adeptes de la théorie du pire, les commentateurs et acteurs de la sphère politico-économique tendent au contraire à faire un usage abusif de ce mot. On ira même jusqu’à qualifier la France “d’État en faillite”. L’opinion n’est pas nouvelle. Reflète-t-elle pour autant la situation financière d’un pays qui bénéficie des meilleurs ratings ?
Les temps de crise invitent à des réflexions plus sérieuses sur les déterminants d’une faillite potentielle. Avant toute situation de faillite, il y a une situation de risque où les événements peuvent encore basculer du bon coté. Paradoxalement le pire n’est jamais sûr quand il y a risque. Les événements basculeront du bon coté si l’argent qui rentre dans les caisses permet de faire face au moins en partie de la dette, condition nécessaire – pas toujours suffisante – du retour à la confiance des créanciers. Le facteur psychologique entre ainsi en résonance positive avec le facteur financier. Mais si les caisses sont structurellement vides le risque se dissipe pour faire place à … la faillite.
On comprend l’ardeur des statisticiens à “travailler” les chiffres.
Il y va de leur mission de service public…
Dominique F. Pasquier